Archive pour la catégorie 'Destruction identitaire'

III/ Perte de l’identité – Des temps difficiles

L’esclavagisme

 

Le marquage au fer des hommes se pratique dans les contextes de l’esclavage, de la torture et l’emprisonnement et de certains groupes humains.

L’esclavage utilisa abondamment le marquage au fer rouge. La marque était utilisée pour désigner le propriétaire de l’esclave. L’esclave pouvait avoir autant de marques que de propriétaires consécutifs comme peut l’être une tête de bétail. Il devenait ainsi un bien pouvant être acheté et revendu pour toute fin pComtesse de La Fere by Jean-Teufelratique: travaux pénibles, domesticité, ou comme objet d’agrément.

Le « Code Noir » français de 1685 instaurait le marquage au fer, d’une fleur de lys, comme châtiment envers les esclaves noirs fugitifs ou coupables de vol.

→ Milady de Winter, personnage de fiction, agent du cardinal de Richelieu dans le roman Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, est marquée d’une fleur de lys, signifiant qu’elle fut voleuse et ainsi condamnée à la peine capitale.

 

 

 

 

 

 

Des marques au fer étaient également employées comme punition pour les criminels condamnés, combinant la punition physique, les brûlures étant très douloureuses, avec l’humiliation publique (d’autant plus grande si la marque est sur une partie visible du corps) qui est ici l’intention première. Cette marque était une sorte de casier judiciaire indélébile.

La forme du marquage était souvent choisie comme code pour le crime.

Par exemple dans les prisons militaires canadiennes D pour la désertion, BC (Bad Character) pour le mauvais caractère, la plupart des hommes marqués étaient envoyés dans des colonies éloignées.

En 1810, le Code Pénal français prévoyait le marquage sur l’épaule droite du condamné d’un signe distinctif de sa faute: T pour les travaux forcés, TP pour les travaux à perpétuité et F pour les faussaires. Cette pratique est abolie par la loi du 31 août 1832.

Un marquage pouvait être requis lorsqu’une condamnation était réduite légalement, avec ou sans délai, à un statut de prisonnier esclave, comme sur les galères (marqués GAL en France), dans une colonie pénale, ou vendu aux enchères

 

 

 

Le Branding volontaire

Glen Benton

Généralement volontaire, mais souvent sous une forte pression sociale, le marquage au fer est employé comme forme douloureuse d’initiation testant la résistance et la motivation (rite de passage) du sujet.

De plus, c’est une marque permanente d’adhésion, principalement dans les cercles violents masculins.

Le Branding est ainsi pratiqué par des gangs de rue, en prisons, des fraternités.

Le marquage au fer est aussi une méthode volontaire et personnelle de modification corporelle et entre dans le cadre d’une démarche esthétique, parfois identitaire. La pratique du marquage au fer est généralement nommée branding par les adeptes des modifications corporelles.

Il est courant de rencontrer des porteurs de branding arborant des tatouages, voire d’autres modifications corporelles.
Exemple avec Glen Benton, chanteur du groupe Deicide qui arbore une croix renversée sur le front (signe de rejet du christianisme)

 

 

Les déportations

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les prisonniers vont être victimes d’une véritable « déshumanisation » aussi bien physique que morale. En effet, à leurs arrivés dans les camps de concentration, les juifs ou autres prisonniers de guerre (politiques, résistants…) vont être tatoués par un numéro de matricule. Un peu hors du sujet des tatouages, mais couramment utilisés comme un signe distinctif d’exclusion, les prisonniers se voyaient obligés d’afficher leur origine, orientations sexuelles, etc. sur leurs vêtements comme une sorte de cartes d’identité afin de les humilier.

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Publié dans:Destruction identitaire |on 3 mars, 2015 |Pas de commentaires »

III/ Perte de l’identité – Des univers clos

Les marins

L’origine du tatouage dans le milieu marin remonte aux grands voyages : en 1769, James COOK a rencontré à Tahiti les premiers hommes qualifiés de « tatoués ». Peu à peu, les marins se sont appropriés la pratique du tatouage. Traditionnellement destinée à marquer le passage de l’enfance à l’âge adulte elle est devenue une marque d’appartenance au milieu de la Marine. En effet, les « gens de la mer » ont souvent pour pratique de se faire tatouer dans chaque ville d’escale. De plus, un grand nombre de superstitions sont liées aux tatouages : par exemple, se faire tatouer un crucifix sur les quatre membres permet, en cas de chute dans la mer, de ne pas se faire dévorer par les requins. (Melville). Les marins avaient pour habitude de se tatouer les parties faibles du corps, telles que le cœur, et sur le bras, signe de puissance et de protection car à l’époque, les moyens de navigations n’étaient pas aussi simple et sécurisé que maintenant, les voyages étaient donc risqués.
Les inscriptions sous la peau sont aussi une preuve de virilité car la douleur éprouvée au moment du tatouage est souvent intense. Ceci est dû à l’utilisation d’un matériel très rudimentaire : souvent trois aiguilles de couturière et de l’encre de chine. 
Les représentations sont très variées : déclarations amoureuses, paysages, figuration érotique, symboles marins ou religieux… On peut bien sûr observer des styles et des méthodes différentes sur un même marin en fonction des différentes villes dans lesquelles il a fait escale.
On observe chez les soldats le même genre de tatouages mais les symboles marins laissent place à des symboles patriotiques.
III/ Perte de l'identité - Des univers clos dans Destruction identitaire tatouage-tattoo-ancre-anchor-%20%2834%29

Les yakuzas

Le tatouage traditionnel japonais est très négativement connoté au Japon, en raison de son histoire liée au crime et à la pègre. Les Yakuzas, les membres de la mafia Japonaise, sont en effet des descendants des criminels japonais de l’ère Edo, qui étaient tatoués de manière punitive par les autorités.

Cette mise au ban de la société a poussé ces criminels, qui pouvaient ainsi se distinguer et se reconnaitre les uns les autres, à s’unir, se structurer, et à créer des organisations criminelles très influentes au Japon. Groupes issus de la frange rejetée de la population, les rebuts de la société. Les tatouages étaient à l’origine à chaque crime commis. Cette pratique est devenue chez les Yakuzas un honneur, et un rite initiatique. Les membres d’un même clan auront des motifs aux significations similaires, souvent symbolisant les vertus prétendues de ces criminels : fidélité aveugle, loyauté, courage, force, obéissance.

irezumi07a dans Destruction identitaire

Source – Des yakuza arborant des tatouages de style traditionnels japonais.

Publié dans:Destruction identitaire |on 3 mars, 2015 |Pas de commentaires »

III/ Perte de l’identité – Une exclusion volontaire

Les hippies

Le mouvement hippie a tout d’abord fait son apparition dans les années 60, sur la côte ouest des Etats-Unis. Progressivement il se répandit vers d’autres horizons, notamment en Angleterre et en France (plus particulièrement après mai 68).

En général les hippies, quelle que soit leur origine, avaient les mêmes idées, les même revendications, la même grande morale pacifiste et avaient en commun le culte du bonheur. Ils voulaient profiter de la vie, rejetant ainsi toutes formes de contrainte sociale, ils désiraient être en parfaite harmonie avec la nature (en organisant par exemple de nombreuses manifestations contre la déforestation ou en usant de drogues illicites telles que la marijuana ou le LSD, connues toutes deux pour leurs propriétés hallucinogènes…). Les hippies prônaient aussi la liberté sexuelle et essayaient au mieux de gommer toutes différenciations homme/femme, c’est pourquoi on retrouve les mêmes motifs aussi bien chez elle que chez lui: fleurs, astres, symboles et figures psychédéliques, slogans (peace, love, free…) Des motifs que l’on retrouve sur leurs bijoux, leurs habits et leur corps… 
En effet les hippies utilisent volontiers leur corps pour communiquer ce qu’ils pensent, leur confiance en la nature humaine à travers peintures corporelles et tatouages. Au motifs ci-dessus s’ajoutent des représentations mimant le rapprochement sexuel, le désir, l’érotisme, et chez certaines personnes cette pratique exprime le mépris des valeurs puritaines de l’Amérique. Le mouvement hippie a énormément contribué au renouveau du tatouage… 
Publié dans:Destruction identitaire |on 3 mars, 2015 |Pas de commentaires »

II/ Affirmer son identité – III/ Perte de l’identité – Introduction

Dans de nombreuses parties du monde, différents peuples ont utilisé le tatouage pour indiquer le rang et l’appartenance sociale des individus. Le tatouage était une pratique tribale, il permettait à chaque individu de marquer sa tribu d’appartenance, son clan, son statut social afin de se démarquer des autres. Cette pratique était répandue dans le monde entier, aussi bien chez les Celtes, que chez les Romains, les Grecs, mais aussi dans les civilisations plus lointaines comme dans les pays arabes, en Océanie, en Asie ou chez les Indiens d’Amérique.

Dans les sociétés « primitives », le tatouage avait pour fonction essentielle de marquer les tâches de chacun des individus d’un groupe, accompagnant généralement, chez les hommes, les rites d’initiation et l’accession au statut d’adulte.Dans les sociétés traditionnelles, le tatouage est presque toujours un marqueur identitaire permettant d’affirmer l’appartenance au groupe, à la tribu, au clan…

La première fonction du tatouage est donc une fonction identitaire. Le tatouage marque à la fois l’affiliation et la séparation : il intègre symboliquement l’individu au groupe et le distingue des autres.Le tatouage peut aussi préciser une allégeance religieuse ou indiquer une hiérarchie, marquant la place ou le rang de l’individu dans la société. Ne pas être tatoué, c’est être sans identité.De nombreuses sociétés traditionnelles ont usé du tatouage comme marqueur identitaire : les Maoris en Nouvelle-Zélande, les Aïnous au nord du Japon… De tels tatouages découlent souvent de rites de passage, c’est-à-dire de rituels qui accompagnent les changements rythmant la vie humaine : naissance, puberté, mariage…

Aujourd’hui, dans les sociétés du XX ème siècle, le tatouage est devenu une pratique assez courante et beaucoup moins stigmatisée notamment grâce à la médiatisation, on peu appelé cela une popularisation de ces pratiques. L’essor des médias va bouleverser une fois encore le regard porté sur le monde. Il faudra attendre l’explosion des moyens de communication à la suite d’une forte libération des mœurs pour que le tatouage change de statut. Des sportifs, des acteurs, des personnages de publicité, de grands couturiers et des mannequins sur  les podiums des jeunes dans la rue contribuent à le démontrer. Une large visibilité confirme son existence à travers les médias de toutes sortes.

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